Le serval est un animal sauvage qui fait rêver tous les amoureux des chats. Originaire d’Afrique, ce cousin sauvage de nos chats domestiques a de plus en plus d’adeptes en France, en Belgique et partout en Europe. Mais du rêve à la réalité, il y a un grand pas à franchir ! Si vous souhaitez acquérir un serval, sachez que votre projet n’a rien de commun avec l’acquisition d’un animal de compagnie domestique. Vous deviendrez responsable d’un félin aux besoins spécifiques et qui peut devenir potentiellement dangereux pour vous et pour autrui.
Avant de consulter des annonces de vente sur internet, prenez le temps de lire cet article. D’ici quelques minutes vous connaîtrez l’essentiel sur ce félin hors normes. Vous aurez alors si votre projet est raisonnable ou non. Nous vous souhaitons une bonne lecture.
Qui est le serval ?
Le serval est un mammifère carnivore qui appartient à la famille des Félidés, tout comme le chat domestique. Nommé par les scientifiques Leptailurus serval, il est originaire des savanes d’Afrique sub-saharienne et se trouve aussi sur une petite zone du Maroc et d’Algérie. Il est absent des déserts, mais aussi des forêts tropicales humides. Pour le serval, l’habitat idéal est un milieu ouvert, planté d’hautes herbes et de quelques arbres, le tout à proximité d’un point d’eau.
Les servals – comme la plupart des félins – sont des prédateurs solitaires. Chaque individu évolue sur un territoire de plusieurs kilomètres carrés. C’est sur cet espace qu’il va trouver les proies dont il se nourrit.
Comme tous les félins, le serval est un carnivore strict. C’est-à-dire qu’il s’alimente seulement d’animaux qu’il chasse. Ses proies sont généralement des animaux de moins de 200 grammes : insectes, reptiles, rongeurs et oiseaux. Mais ce chasseur habile est capable de capturer et de tuer de petites antilopes, bien que cela soit assez rare.
Contrairement aux grands fauves – comme les lions et les tigres – les servals ne marquent pas un jeun de plusieurs jours entre deux repas importants. Ils s’alimentent tous les jours, parfois seulement en petites quantités. Car la chasse donne des résultats inconstants.
Le serval se déplace surtout au sol et grimpe rarement dans les arbres. Il est toutefois très agile et capable de sauter à 2 ou 3 mètres de hauteur pour capturer un oiseau en plein vol. Ce félin est aussi très rapide. Il peut courir jusqu’à 60 km/h sur de courtes distances. Il se déplace beaucoup durant une journée, couvrant quotidiennement entre 2 et 6 kilomètres. Le serval peut être actif aussi bien le jour que la nuit. Dans les régions où il est chassé, il est principalement nocturne. C’est aussi le cas lorsque ses proies se dissimulent durant la journée. Ce félin s’adapte aux contraintes de son environnement.
Le serval est un animal puissant. Une femelle pèse entre 10 et 15 kilogrammes, alors qu’un mâle peut dépasser les 20 kilogrammes. Son aspect du serval rappelle celui du guépard. Ces deux espèces arborent une livrée similaire, fauve tachetée de noir. La couleur de leur pelage permet de se camoufler dans des hautes herbes des savanes. Mais il existe aussi des servals entièrement noirs dans quelques régions d’Afrique du Sud.

Dans la nature, la longévité d’un serval est de 10 ans. En captivité, si les animaux reçoivent de bons soins et sont vaccinés régulièrement, ils peuvent vivre jusqu’à 20 ans. En faisant l’acquisition d’un serval, on s’engage sur le long terme. Il faut donc une réflexion préalable, mais aussi rencontrer des éleveurs amateurs pour recueillir leur expérience personnelle.
Est-il possible d’adopter un serval en France ?
Le serval est protégé par la Convention de Washington, que l’on nomme aussi la CITES. Il est inscrit à l’annexe 2. Ainsi le commerce des animaux vivants comme celui des peaux et des trophées de chasse est contrôlé. Pour faire venir un serval depuis un pays non européen, il est nécessaire d’avoir une autorisation d’importation.
En France, deux textes de loi renforcent les mesures de protection de cette espèce. Le premier est l’arrêté du 21 novembre 1997. Il classe le serval comme un animal dangereux. Le second est l’arrêté du 8 octobre 2018. Celui-ci précise que la possession d’un animal est soumise à des autorisations délivrées par le préfet – certificat de capacité et autorisation d’ouverture – dès le premier exemplaire gardé. Même si vous ne souhaitez pas le faire reproduire et que vous n’avez pas l’intention d’ouvrir un parc zoologique. De plus, chaque animal doit être marqué par une puce électronique et enregistré dans une base de donnée nationale.
Si vous souhaitez acquérir un serval, vous devez en premier lieu vous renseigner auprès des services vétérinaires de votre préfecture. Vous obtiendrez les informations pour préparer votre dossier de demande de certificat de capacité. Il s’agit d’une démarche qui prend du temps. Car en plus d’assembler les éléments attendus, il faut réaliser des stages et des formations chez des éleveurs compétents. En général, il faut deux à trois ans pour obtenir un certificat de capacité.
Comment élever un serval ?
Un serval n’est pas un félin docile. La détention des félins non domestiques est très différente de celle d’un chat. Il faut prévoir des installations d’élevage, un budget conséquent pour entretenir et soigner les animaux, mais aussi beaucoup de temps. Devenir éleveur de servals est une activité qui occupe sept jours sur sept.
Garantir la sécurité des animaux et des personnes
Un serval ne peut pas être gardé en toute sécurité – pour lui comme pour les personnes qui l’entourent – comme on le fait avec un chat ou un chien. Certains individus se montrent peu dociles, même s’ils ont été élevés très tôt par l’Homme.
Ces animaux peuvent aussi causer des dégâts et tuer d’autres animaux de compagnie. Ils sont aussi capables d’infliger des blessures graves à leur propriétaire ou à des personnes qui s’en approcheraient. Une morsure de serval doit être suivie par une hospitalisation, car les risques d’infection sont très importants.
Rappelons que l’article 1385 du code civil précise que le propriétaire reste responsable des dégâts causés par son animal. Même si de dernier s’évade et échappe à sa surveillance.
Enfin, de plus en plus d’espèces exotiques se reproduisent dans les forêts européennes. C’est le cas du coati et du raton-laveur. Ces espèces invasives provoquent des dysfonctionnement de nos écosystèmes. En élevant des animaux exotiques, il faut pouvoir garantir qu’ils ne s’échapperont pas de leur enclos.
Construire des installations adaptées à l’espèce
Pour offrir de bonnes conditions de captivité à un serval, il faut construire et entretenir des installations de grandes dimensions. Un serval doit avoir à sa disposition un enclos de plusieurs centaines de mètres carrés et un abri chauffé, dans lequel il doit pouvoir trouver un refuge lorsqu’il fait froid ou trop chaud.
L’enclos doit être aménagé pour permettre aux animaux d’exprimer le plus de comportements naturels. La complexité de l’aménagement permet de réduire le stress et l’apparition de mouvements stéréotypés. Il faut donc prévoir des abris pour que les animaux puissent se cacher, des branches et des plateformes pour permettre de grimper et de sauter. On recouvrera le sol avec différents substrats, comme des écorces de pin et des surfaces enherbées.
L’enclos doit être positionné à un emplacement ensoleillé. Une haie doit le protéger des vents froids durant l’hiver. Il faut aussi prévoir de la végétation haute à l’intérieur et à l’extérieur de l’enclos, pour que l’animal puisse trouver une zone d’ombre. Ces plantes doivent être non toxiques, car même si les servals ne mangent pas de végétaux, il n’est pas exclu qu’ils les mâchent.
Si l’on souhaite garder deux servals, il faudra deux installations semblables. Les animaux peuvent être mis en contact si l’on souhaite obtenir une portée. Mais si les servals se reproduisent, leur propriétaire doit être en mesure de loger les animaux nés convenablement ou de les céder – à leur maturité – à un autre élevage qui dispose des installations adaptées, mais aussi des autorisations administratives.
Comme nous l’avons indiqué au début de l’article, les servals sont des félins puissants. Les matériaux qui constituent les installations doivent être assez résistants. Le grillage de l’enclos doit être enterré profondément dans le sol pour empêcher les évasions. De la même façon, un filet recouvre l’enclos et empêche l’animal de s’échapper.
Pour en savoir plus sur les installations nécessaires pour élever dans de bonnes conditions un serval, consultez cette page : https://www.blog.formationsoigneuranimalier.fr/acheter-un-serval/
Maintenir la propreté des lieux
Les servals sont des animaux qui salissent beaucoup leurs installations.
Dans la nature, les excréments ne posent pas de problème. Ils sont rapidement dégradés ou consommés par des animaux coprophages. Mais en captivité, les crottes doivent être retirés tous les jours. Cela réduit le risque de développement de bactéries pathogènes.
Les urines sont riches en matières organiques et sont aussi une nuisance. Ils faut qu’elles s’infiltrent rapidement dans le sol ou qu’elles soient éliminées par rinçage. Car cela limite la libération d’ammoniac. Ce gaz irrite les voies respiratoires des animaux, ainsi les abris doivent être suffisamment ventilés.
Les restes d’aliments doivent aussi être retirés tous les jours de l’enclos et de l’abri. Car les morceaux de viandes et d’os attirent rapidement les mouches, les rats et d’autres vecteurs de maladies infectieuses.
Le nettoyage d’une installation prend du temps chaque jour. Mais il faudra aussi prévoir au moins une fois par semaine, une désinfection complète des surfaces de l’abri. On emploie alors un désinfectant comme l’eau de javel ou un produit à base d’ammonium quaternaire.
Les servals sont sensibles aux mêmes maladies que les chats. Il est donc important de les faire vacciner régulièrement par un vétérinaire. Les vaccins préparés à base de virus tués sont plus sûrs que ceux à base de virus vivants. Pensez à le préciser, car la plupart des vétérinaires ne sont pas formés avec ces espèces sauvages.
Pour éviter les transmissions de virus entres les animaux, il faut éviter les contacts. Un chat errant ne doit pas pouvoir s’aventurer dans l’enclos. Si on peut le garder à l’écart du grillage de l’enclos, c’est encore mieux. Une clôture électrifiée peut dissuader les animaux errants.
Nourrir correctement ses animaux
Les servals doivent recevoir une alimentation de bonne qualité et qui ne contient pas d’œufs de parasites ou d’autres agents pathogènes. Pour garantir une alimentation optimale, vous devez vous approvisionner auprès d’un professionnel. En France, la société Saint-Laurent propose une gamme d’aliments préparés et de proies congelées pour les petits félins.
Pour assurer une alimentation équilibrée, il faut ajouter aux aliments un complément de minéraux et de vitamines. Ces nutriments essentiels évitent l’apparition de carences.
Dans tous les cas, il est exclu de récupérer des animaux retrouvés morts dans la nature. Même si on les chasse soi-même. Il faut aussi éviter la viande de porc qui est parfois à l’origine de maladies graves pour ces félins.
Enfin, les animaux doivent recevoir une eau propre et renouvelée au moins une fois par jour. Comme chez les chats domestiques, un abreuvement insuffisant est à l’origine de l’apparition de maladies des reins. Certains parcs animaliers mettent à disposition des animaux une eau en mouvement. Celle-ci semble être appréciée par les servals.
L’essentiel en vidéo
La vidéo suivante fait une présentation efficace du serval – sa biologie, son écologie – et de ses besoins en captivité. Les points que nous venons d’aborder sont repris. Le tout avec de belles images et des commentaires précis. Consultez-la sans plus attendre !
Et pourquoi pas un chat Savannah ?
Si vous restez attiré par l’exotisme et ne recherchez pas un chat domestique classique, vous pouvez être tenté par le chat Savannah. Ce félin est issu du croisement entre un serval et un chat et une sélection rigoureuse de leurs descendants.
Actuellement en France, il est possible de garder des chats Savannah à partir de la cinquième génération qui suit le croisement entre les deux espèces. De la première (F1) et la quatrième génération (F4), les animaux sont encore considérés comme sauvages et leur propriétaire doit être titulaire d’un certificat de capacité.
Comme le serval, un chat Savannah est un animal de grande taille et particulièrement actif. Il est déconseillé d’en faire l’acquisition, si l’on ne dispose pas de la place nécessaire et d’un jardin. Pour en savoir davantage sur le chat Savannah, consultez notre article qui lui est consacré.
Face à l’engouement pour le Savannah et aux premiers problèmes causés par leurs propriétaires, la législation évolue et se renforce. Pour ne pas être en infraction et risquer une saisie de vos animaux, nous vous conseillons de vous renseigner auprès des services vétérinaires de la préfecture de votre département.
Pour résumer
En France et dans beaucoup d’autres pays d’Europe et d’Amérique du Nord, la détention d’animaux sauvages est soumise à une réglementation de plus en plus stricte. Si vous souhaitez élever des félins, comme le serval, il est nécessaire d’effectuer des stages chez des éleveurs et dans des parcs animaliers. Il faut également suivre des formations pour bien connaître les besoins et le comportement de ces animaux. L’objectif étant de leur offrir de bonnes conditions de captivité et de garantir le bien-être animal.
Ainsi, le projet de garder un serval demande une préparation de plusieurs années. Il ne s’agit plus de prendre une décision sur un coup de tête. Et à l’avenir, il est probable que seuls les refuges et les parcs animaliers seront encore capables de détenir des animaux sauvages. Pourquoi ne pas voir plus loin et créer une association pour gérer un refuge ?
Si vous avez trouvé cet article intéressant, n’hésitez pas à le partager sur les réseaux sociaux. Vous permettrez ainsi à de nombreuses personnes de mieux connaître ce félin, mais aussi de défendre la cause d’un élevage responsable. Car malheureusement les associations anti-captivité menacent la passion de nombreux éleveurs. Nous vous remercions pour votre lecture. À bientôt.