Quels parasites internes peuvent infester votre chat? Comment se douter que votre chat abrite des parasites? Et si c’est le cas, comment les traiter efficacement?
Les parasites gastro-intestinaux
Il existe deux types principaux de vers qui affectent les chats : les vers ronds et les vers plats.
Commençons par les vers plats.
Le Dipylidium est un vers plat. Il s’agit du parasite interne “numéro un” chez nos chats domestiques ! En effet, il se transmet via les puces (Ctenocephalides felis). Ce qui signifie que si des puces squattent régulièrement le pelage de votre chat, il y a de fortes chances pour qu’il soit aussi infesté par des vers. En piquant votre chat pour se nourrir, la puce injecte des larves de Dipylidium qui vont migrer vers le système digestif de Minou.
Une fois arrivée à destination, dans le tube digestif, la larve se transformera en adulte. Vous pourrez alors avoir la joie de remarquer ces petits habitants sur les bords de l’anus de votre chat ! En effet, ces parasites ressemblent à des grains de riz. S’ils ne sèchent pas, vous pouvez même les voir bouger. Il est possible d’en retrouver aussi dans la litière ou sur les zones de couchage de votre chat.
Les Dipilydiums font partie de la même famille que les taenias et sont donc transmissibles à l’homme ! Il est important de traiter votre chat surtout s’il côtoie des personnes sensibles dans votre entourage (enfants en bas âge qui mettent beaucoup les doigts en bouche, personnes âgées, personnes immunodéprimées* ou femmes enceintes).

La molécule active qui permet de venir à bout de ces parasites internes est le praziquantel (par voie orale de préférence). Il sera nécessaire de renouveler le traitement 1 mois plus tard ainsi que de protéger votre chat contre les puces durant minimum 3 mois.
Les chats peuvent être également porteurs d’Echinococcus ou de Taenias.
Voyons maintenant les vers ronds.
Les parasites les plus fréquents de cette classe sont les Ascaris :Toxocara cati et Toxascaris leonina.
Ils ont un aspect plutôt long et fin lorsqu’ils sont adultes, semblables à des cheveux blancs. C’est sous cet aspect que vous pourrez les retrouver dans les selles. Ils infestent préférentiellement les jeunes chatons.
Les molécules disponibles sans ordonnance en pharmacie ne sont généralement efficaces contre ce type de vers. Il s’agit du mébendazole, pyrantel, oxfendazole, flubendazole, fenbendazole et les milbémycines. La sélamectine et l’emodepside sont efficaces et sont administrables en pipette si le traitement par voie orale du chat s’avère impossible. Pensez à administrer un traitement complet au grand minimum une fois par an !
Un chat qui sort est plus susceptible d’attraper des vers qu’un chat qui reste à l’intérieur car ces parasites infestent votre chat lorsqu’il chasse des proies (des oiseaux, des rongeurs,…). Prudence aussi si vous lui offrez de la viande ou des viscères crues dans sa gamelle…
Parasites internes : le point sur la toxoplasmose
Petit focus sur cette maladie dont les antigènes sont recherchés chez toutes les femmes enceintes. En effet, développer cette affection durant la grossesse peut provoquer des avortements ou des anomalies congénitales selon le stade de la grossesse où l’infection a lieu. Si la future maman est porteuse d’anticorps, cette dernière ne devra pas limiter la palette de son régime alimentaire. Par contre, si cette femme n’a jamais été en contact avec le parasite, son médecin lui conseillera d’éviter tout ce qui est crudités et viandes non cuites préalablement.
La toxoplasmose est due à des parasites de type protozoaires, non sensibles aux molécules anti-parasitaires couramment utilisées mais bien à certains types d’antibiotiques.
Les chats peuvent en être porteurs sans manifester de signes cliniques (si c’est le cas les symptômes peuvent être de la diarrhée ou une uvéite, c’est-à-dire inflammation de l’œil).
Il est possible de tester si votre chat est porteur soit en effectuant une sérologie via une prise de sang ou en effectuant une recherche d’antigènes via un échantillon de selles.
En résumé, les précautions à prendre si vous êtes enceintes et avez adopté un chat :
- demander à monsieur d’effectuer quotidiennement le nettoyage de la litière du chat et de se laver les mains ensuite
- vous laver les mains après tout contact avec votre chat
Les parasites internes cardio-respiratoires
Les vers pulmonaires sont beaucoup plus rares dans nos régions mais sont néanmoins présents. Les principaux symptômes indiquant de leur présence seront la toux. Dans les cas avancés, il y aura des crachats de sang, une respiration plus rapide et de l’essoufflement.
Toxocara canis, que nous avons déjà évoqué, peut avoir une localisation pulmonaire.
On peut également citer l’Aelurostrongylose (Aelurostrongylus abstrusus) dont le cycle biologique passe par les escargots. Ce ver pulmonaire est sensible au fenbendazole, à l’ivermectine et à la sélamectine.
D’autres parasites tels que Dirofilaria immitis peuvent coloniser les cavités cardiaques et créer de vraies insuffisances cardiaques ! Ce sont les moustiques qui transmettent ces parasites.
Angiostrongylus vasorum peut aussi se développer dans le cœur et l’artère pulmonaire. Ce qui risque de provoquer des emboles et obstruer les vaisseaux.
Concernant leur traitement, on utilisera les mêmes molécules que pour les vers ronds citées plus haut pour les vers ronds.

Et les traitements naturels contre les parasites internes du chat ?
Malheureusement, il n’existe aucun traitement naturel qui soit 100% efficace pour vermifuger nos boules de poils. Certaines plantes ou remèdes homéopathiques peuvent améliorer la santé des intestins et limiter la prolifération de parasites en leur offrant un milieu de développement non favorable. Cependant, en cas d’infestation avérée, seul un médicament sera efficace pour traiter votre chat.
Dites-vous aussi que les vers que vous surprenez à l’extérieur ne sont que la partie émergée de l’iceberg : il y en a probablement beaucoup plus à l’intérieur. Puisqu’ils n’ont plus de place à l’intérieur des intestins, ils se dirigent vers la sortie. Donc si vous en surprenez, il y a beaucoup de chance pour que votre chat aie une grande infestation ! Prudence car en cas de traitement lors de forte infestation, le risque d’occlusion intestinale ou de choc existe car beaucoup de toxines peuvent être libérées par les parasites.
Voyons un peu les plantes et remèdes homéopathiques qui sont recommandés pour favoriser la bonne santé intestinale :
- l’ail mais je le déconseille car sa toxicité est potentiellement plus importante que son efficacité ;
- le basilic en huile essentielle donc interdit chez le chat, tout comme les huiles essentielles de thym, de carvi, de bergamotier et de camomille romaine ;
- la graine de courge semble être un bon compromis, à faire tremper préalablement mais le dosage exact est inconnu ;
- la gentiane : sous forme d’extrait standardisé ou de poudre séchée, mais elle stimule l’appétit ;
- la tanaisie en teinture-mère, 1 à 3 gouttes/kilo, une fois par mois semble être le moins dangereux ;
- armoise, papaye, grenadier, mousse de Corce et le polypode du chêne sont cités avec une efficacité reconnue pour la mousse de Corse. La rhubarbe est contre-indiquée chez le chat ;
- la terre de diatomée, néanmoins il n’est pas bon sur le long terme d’en inhaler les particules
- enfin, manger de l’herbe permet surtout à votre chat de lui faire vomir ses boules de poils
En médecine naturelle, on conseille de vermifuger à la pleine lune (cure de 3 jours). Il n’y a pas d’explication réellement scientifique à ce sujet mais le traitement serait plus efficace durant cette période.
En conclusion, il est important de vermifuger votre chat régulièrement selon son mode de vie pour éviter lui éviter des problèmes de santé. Votre vétérinaire pourra vous conseiller au mieux sur la fréquence et les produits à utiliser.
* Personnes immunodéprimées : personnes ayant un système immunitaire affaibli. Il s’agit par exemple de personnes suivant une chimiothérapie ou infectées par un virus tel que le SIDA, de personnes atteintes par des cancers de type leucémie.
Docteure Marine Monclus
Vétérinaire Ostéopathe, Phytothérapeute et Acupuncteur.
Cours de Parasitologie des Animaux Domestiques, Université de Liège 2014.
Cours de Pharmacologie des Animaux Domestiques, Université de Liège, 2014.
Soin des animaux par les plantes, 🛒 Françoise Heitz et Vincent Delbecque, éditions Quintessence, 2016.