Arthrose du chat et perte de mobilité – L’avis Vétérinaire

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Tout comme nos grand-pères et nos grand-mères, les chats peuvent aussi souffrir d’arthrose. En quoi consiste l’arthrose du chat ? Comment la soulager ? Docteure Marine Monclus, Vétérinaire Ostéopathe et Phytothérapeute, répond à cette question :

Arthrose du chat : De quoi s’agit-il?

L’arthrose est un processus complexe résultant d’un déséquilibre entre la dégradation et la réparation des cartilages, de l’os et de la synovie (le liquide qui lubrifie les articulations) suite à de l’inflammation chronique. C’est un processus lent et communément irréversible. En réaction à l’inflammation, de l’os va se former et limiter l’amplitude des mouvements.

Chez les chats, elle touche en particulier les articulations et elle est le plus souvent secondaire, c’est-à-dire provoquée suite à un autre problème tel qu’une malformation congénitale, un trauma (comme une fracture par exemple) ou une instabilité articulaire. Toutes les articulations peuvent être concernées : colonne vertébrale, membres et même l’articulation de la mâchoire. Le plus fréquent est l’apparition de sortes de “ponts” entre les vertèbres qu’on appelle “becs de perroquets”.

Le processus peut également apparaître suite à la dysplasie de hanche chez les grandes races (telles que le Maine Coon), une luxation chronique de la rotule ou une rupture partielle ou totale du ligament croisé antérieur au niveau du genou. L’arthrose primaire est rare mais peut toucher le coude chez les chats. Selon leur localisation, des néo-productions osseuses peuvent limiter les mouvements ou non en fonction de leur localisation exacte. 

De l’arthrose peut aussi apparaître suite à une fracture mal stabilisée : il s’agit d’un processus naturel que le corps met en place afin de stabiliser le ou les os concernés. 

vieux chat

Arthrose du chat : Les signes à reconnaître

Les signes chez les chats peuvent être discrets et se remarquent surtout par des changements de comportement. Minou peut ne plus parvenir à sauter aussi haut qu’avant ou avoir des ratés, il peut faire ses besoins à côté du bac de litière si les bords sont trop hauts, il peut sortir moins ou dormir plus qu’avant, sembler moins actif que d’habitude.. 

D’autres signes peuvent permettre de suspecter le développement d’arthrose : avoir des difficultés à se lever ou marcher au ralenti à froid (après la sieste par exemple)  ou encore avoir une attitude plus réservée et râler si on veut les toucher. Ils peuvent également avoir plus de difficultés à faire leur toilette et on peut observer des bourres de poils, notamment sur la ligne supérieure du dos. 

Comme chez l’homme, les symptômes peuvent être amplifiés lorsque le temps est froid et humide. 

D’un point de vue clinique, les articulations peuvent être gonflées ou déformées, ce qui réduit l’amplitude de leurs mouvements. On peut parfois entendre des craquements et la manipulation de l’articulation peut être douloureuse pour le chat. En cas de crise, l’articulation peut être chaude. 

Pour effectuer un diagnostic, le vétérinaire peut effectuer des radiographies mais ce n’est pas parce que rien n’est visible sur les clichés que le processus n’a pas commencé. En effet, les premières modifications ne se voient que lorsque le processus modifie la densité osseuse, ce qui peut prendre du temps et n’être visible que tardivement sur les clichés radiographiques. 

On observe alors des ostéophytes, c’est-à-dire des proliférations osseuses sur les bords de l’articulation avec une modification des contours de l’articulation, des minéralisations intra- et péri-articulaires, un éloignement des surfaces articulaires et une sclérose sous-chondrale. 

chat arthrose

Arthrose du chat : Mieux vaut prévenir que guérir

Comment limiter ou retarder un maximum l’apparition d’arthrose chez Minou?  Le surpoids (et par extension l’inflammation chronique) aggrave la pathologie car les contraintes sur les articulations sont plus fortes. 

Alimentation anti-arthrose pour chat : Omégas 3 et inflammation

Une supplémentation en omégas 3 dans l’alimentation est indispensable car ils interviennent dans la régulation du processus inflammatoire. 

On en trouve dans les huiles de poissons des mers froides de qualité ou dans les phytoplanctons tels que Schizochytrium spp. dont ces poissons se nourrissent d’ailleurs. Les phytoplanctons peuvent être mis facilement en culture, ce qui est plus écologique et ne soutient pas la surpêche des océans. 

Les omégas 3 font partie de la classe des acides gras polyinsaturés. Il existe deux classes d’acides gras omégas polyinsaturés : les omégas 6 et les omégas 3, toutes deux impliquées dans la réponse inflammatoire. Durant le processus inflammatoire, ces acides gras seront métabolisés par les mêmes enzymes pour être activés, ce qui signifie que la balance entre les deux est importante : au plus il y aura d’omégas 6, au plus l’activation de médiateurs pro-inflammatoires (qui favorisent la phase aiguë de l’inflammation et on entretien) sera importante, tandis qu’au plus il y aura d’omégas 3, au plus la phase de résolution “sans dégâts” sera importante. 

saumon

Cependant, il existe aussi plusieurs types d’omégas 3. L’huile extraite doit impérativement contenir de l’EPA (abréviation pour le nom barbare d’acide eicosapentaénoïque) et du DHA (abréviation pour le nom encore plus barbare d’acide docosahexaénoïque).

Petite remarque : beaucoup d’huiles de saumon que l’on peut acheter dans le commerce ne contiennent plus ces précieux omégas 3 ! Une huile de qualité se conserve à maximum 8°C (au frigo) dans un récipient qui ne laisse pas passer la lumière. Elle s’oxyde facilement au contact de l’air (raison pour laquelle il n’y en a jamais assez dans les croquettes, c’est une question de conservation). 

Les huiles végétales telles que les huiles de lin, noix, soja et colza contiennent en fait de l’ALA (acide alpha-linolénique) à partir duquel l’organisme peut synthétiser de l’EPA et DHA. Mais la synthèse des ces acides gras se fait en quantité très faible dans l’organisme (moins de 1%). L’apport direct dans l’alimentation est donc indispensable. 

La dose est de 7 à 8 mg/kg de DHA par jour. 

Arthrose du chat : Soutien de la pathologie

Le traitement de l’arthrose du chat est essentiellement palliatif et non curatif : l’objectif est que l’animal conserve un bon niveau d’activité et un confort de vie correct. 

La gestion de l’arthrose repose sur quatre piliers : 

La gestion du poids 

Le contrôle du poids est important pour deux raisons en particulier. La première est d’ordre mécanique : un excès de poids augmente la pression sur les articulations déjà fragilisées. 

La seconde est d’ordre métabolique : le surpoids favorise l’inflammation chronique de par la présence de nombreux adipocytes. Réduire le nombre de cellules graisseuses réduit donc l’inflammation chronique. 

De nombreuses croquettes sont formulées pour la perte de poids. La première étape est de déterminer le poids idéal de Minou. Il faut ensuite lire sur l’étiquette du sac de croquettes la quantité que Minou doit manger pour atteindre son poids idéal et peser quotidiennement cette quantité. Des jeux et des distributeurs de croquettes peuvent être utilisés pour ralentir la vitesse d’ingestion des croquettes.

En effet les croquettes, en tant qu’aliment sec, sont fort denses en énergie. Elles peuvent être peu satiétogènes (c’est-à-dire calmant la faim) du fait de leur ingestion rapide et de leur faible volume. Une solution peut être de les réhydrater avec un peu d’eau. La quantité d’eau idéale est celle à laquelle les croquettes commencent à flotter dans la gamelle quand vous versez de l’eau dessus. Il est également possible d’ajouter l’équivalent d’un glaçon de courgettes cuites par jour (avec la peau si elles sont bio) dans la gamelle de Minou. Essayez de le lui présenter 7 fois dans une gamelle séparée du reste de son alimentation avant de conclure qu’il n’en veut absolument pas. 

Malheureusement, l’alimentation industrielle n’est pas toujours efficace pour les régimes félins. Il est possible de cuisiner une ration ménagère pour votre chat mais à condition d’y ajouter les quantités adéquates de matières grasses et de complément minéral et vitaminé. 

Conserver de l’exercice modéré mais régulier

Cela est plus facilement applicable au chien qu’au chat qui va naturellement ajuster son activité. En période de crise, c’est-à-dire lorsque le chat se déplace moins parce qu’il a mal, le repos et les anti-inflammatoires sont à privilégier.ll faut éviter les sauts, les accélérations et les ralentissements rapides (éviter de lancer des balles ou des boulettes d’aluminium). Hors périodes de crise, l’exercice améliore la mobilité.  

chat qui courre

Supplémentation en chondroprotecteurs

On conseille un complément en chondroïtine et glucosamine par cures ou incorporés dans l’alimentation.

Arthrose du chat : Traitement de la douleur et de l’inflammation

Lors des crises, le vétérinaire prescrira des anti-inflammatoires durant 7 jours. Si la réponse est bonne, le traitement jusqu’à 4 semaines. Les plantes anti-inflammatoires sont à privilégier car elles ne semblent pas perdre de leur efficacité à long terme. Certains produits à base de plantes telles que la prêle (Equisetum arvense) et le cassis (Ribes nigrum) existent. 

La prêle est la plante reminéralisante par excellence car son contenu riche en silice organique va stimuler le métabolisme de l’os et du tissu conjonctif des cartilages. Aussi, la silice se retrouve aussi naturellement dans l’algue Padina Pavonica et l’Ortie, Urtica urens (parties aériennes). Des produits à base de silicium colloïdal semblent être également intéressants. 

Les vertus anti-inflammatoires du cassis, sous forme d’extrait de plantes ou de bourgeons (privilégier les sans alcool ou laisser évaporer quelques heures avant d’administrer) permettent de conserver un effet au long cours en évitant des effets indésirables. 

Le curcuma gagne en notoriété récemment mais le dosage et le mode d’administration sont controversés. Il semblerait en effet que sous forme poudre, les principes actifs passent peu la barrière intestinale. On retrouve donc beaucoup d’associations avec le poivre noir qui permet d’ouvrir les jonctions serrées (mais qui laisse probablement passer d’autres molécules en même temps !) Il existe aussi une forme liquide, où des bulles de gras enferment les principes actifs qui diffusent à travers la barrière intestinale avec les graisses.

chat et plante

On peut utiliser d’autres plantes en gemmothérapie dans ces cas chez le chat. Leur administration est simple (1 goutte/jour). Citons le bourgeon de pin sylvestre (Pinus sylvestris) qui stimulera la réparation osseuse. Le bourgeon de sapin pectiné (Abies alba) intervient aussi dans les troubles de l’ossification., Aussi, Le bourgeon de séquoia (Sequoia gigantea) est le bourgeon de la consolidation osseuse.

Le bourgeon de cassis (Ribes nigrum)aura une action anti-inflammatoire. La vigne rouge (Ampelopus veitchii) ralentit l’apparition des ostéophytes. Aussi, le bouleau blanc (Betula verrucosa) plutôt ciblé pour la mobilité et la souplesse de la hanche, et chez les jeunes. On indique plutôt le bouleau pubescent (Betula pubescens) pour les sujets âgés. Privilégiez toujours les préparations sans alcool. 

On peut également citer : 

  • la spiruline et son composant le plus actif : la phycocyanine, pour ses propriétés anti-oxydantes
  • la résine de Boswellia pour ses vertus anti-inflammatoire 

⚠️ Les huiles essentielles sont à éviter chez le chat car elles sont très puissantes.⚠️

L’homéopathie peut également constituer un moyen simple de traiter votre chat puisque les granules peuvent être dissous dans l’eau et administrés dans la gamelle sans modifier le goût des aliments du chat. 

Dans ce cas, les signes à repérer pour effectuer le choix des remèdes sont les suivants : 

  • amélioration ou aggravation par l’exercice
  • soif
  • amélioration ou aggravation par temps chaud ou froid
  • amélioration ou aggravation par temps humide ou sec
  • localisation à droite ou à gauche
  • aggravation par les émotions
  • frilosité
  • aggravation aux premiers mouvements
  • douleur localisée ou généralisée
  • localisation de la douleur changeante
  • déformations articulaires palpables
  • appétit 
  • aggravation nocturne
  • concomitance de problèmes digestifs (diarrhée, constipation) ou de problèmes de peau (démangeaisons)
  • tremblements
  • intolérance au toucher
  • urines concentrées
  • apparition après les orages

Depuis récemment, l’immunothérapie semble donner de bons résultats. Cela consiste en l’injection mensuelle d’anticorps contre une protéine exprimant la douleur d’origine arthrosique. 

Une séance d’ostéopathie fera également beaucoup de bien à votre animal en relâchant les tensions myo-fasciales. 

chats japonais

L’acupuncture peut aussi soulager. En médecine chinoise, l’arthrose consiste en “l’accumulation de glaires solidifiées”. Certains points sont indiqués contre les douleurs selon leur localisation ainsi que pour éliminer ces fameuses “glaires”. 

Dans la mesure de la tolérance du chat, des exercices de physiothérapie peuvent être proposés. 

Des séances de laser peuvent aussi soulager votre animal en stimulant la régénération cellulaire et en réduisant l’inflammation. 

En conclusion, l’arthrose et les pertes de mobilités chez le chat peuvent être subtiles à remarquer et à diagnostiquer. Mais de nombreuses solutions existent pour soulager nos compagnons, qu’ils soient plus ou moins coopératifs pour être manipulés et plus ou moins difficiles pour avaler des médicaments. 

Docteure Marine Monclus, 

Vétérinaire Ostéopathe et Phytothérapeute.

Guide pratique de physiothérapie du chien et du chat” 🛒, Karine Le Bleis, éditions Med’com, 2022, 163 pages. 

Guide pratique d’initiation à l’homéopathie des animaux de compagnie” 🛒, Docteur Benoît Sauvan, éditions Med’com, 2015, 211 pages.

Les 100 consultations les plus fréquentes en médecine des animaux de compagnie”, Peter Hill, Sheena Warman, Geoff Shawcross, éditions Med’com, 2012, 432 pages. 

Guide pratique de phyto-aromathérapie pour les animaux de compagnie”, 🛒 Docteur Pierre may, éditions Med’Com, 2014, 255 pages. 

“Gestion de l’inflammation”, revue “L’essentiel” n155, semaine du 19 au 25 novembre 2009, 2ème cahier Serge Martinod. 

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