Chats âgés : quelles sont les maladies les plus courantes ? L’avis Vétérinaire

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On entend souvent dire, à propos d’un animal qui prend de l’âge, “c’est normal, il vieillit”. Non. Vieillir n’est pas une fatalité. On peut bien vieillir et c’est ce que nous devons nous efforcer d’offrir à nos animaux de compagnie. Bien souvent, tout changement de comportement trouve son origine dans le développement d’une maladie. Quelles sont donc les pathologies principales que peut développer votre chat avec l’âge? C’est ce dont nous discuterons dans les prochaines lignes. 

Le chat âgé : définition

Mais d’abord : à partir de quel âge considère-t-on qu’un chat est “âgé” ou plutôt, quand rentre-t-il dans la catégorie senior? Cela peut varier selon les races mais pour nos européens, on considère qu’ils sont sénior à partir de l’âge de 7 ans. Cela peut paraître tôt lorsqu’on connaît certains chats qui vivent jusqu’à 22 ans ! 

Voyons maintenant les pathologies les plus fréquentes chez nos minous qui avancent en âge. 

L’hypertension artérielle.

L’hypertension se définit comme une augmentation de la pression du sang à l’intérieur des vaisseaux. Deux chats de plus de 7 ans sur cinq sont hypertendus ! 

L’hypertension ne se voit pas mais peut avoir des conséquences parfois irréversibles telles que le développement de cataracte, de maladie rénale chronique, d’insuffisance cardiaque et des lésions neurologiques. Chez les chats, elle peut maintenant se mesurer via des appareils électroniques. Il est important que le chat soit le plus détendu possible pendant la prise des mesures car en consultation ils peuvent être facilement stressés et donner un résultat faussement élevé. Idéalement, on réalise 5 mesures à la suite et on fait une moyenne. La prise se fait à l’aide de brassards de taille adaptée au gabarit du chat que l’on place sur une patte ou à la base de la queue. 

Le surpoids,  le stress et l’hyperthyroïdie prédisposent votre chat à l’hypertension. 

Le traitement repose sur l’administration quotidienne d’antihypertenseurs formulés pour le chat si sa pression systolique dépasse en moyenne les 160 mmHg. En phytothérapie, le bourgeon d’aubépine Crataegus monogyna et oxyacantha permet d’avoir un effet calmant. Revoir l’environnement du chat pour optimiser son confort est aussi conseillé ainsi que stabiliser l’hyperthyroïdie si elle est présente. 

L’arthrose

L’arthrose est une inflammation chronique des cartilages articulaires qui mène à formation de productions osseuses qui limitent l’amplitude des mouvements des articulations. Toutes les articulations peuvent être concernées : colonne vertébrale, membres, articulation de la mâchoire,…. 

Les signes chez les chats peuvent être discrets : il peut ne plus parvenir à sauter aussi haut qu’avant ou avoir des ratés, il peut faire ses besoins à côté du bac de litière si les bords sont trop hauts et enfin sortir moins ou dormir plus qu’avant. Pour effectuer un diagnostic, le vétérinaire peut effectuer des radiographies mais ce n’est pas parce que rien n’est visible sur les clichés que le processus n’a pas commencé. 

Le surpoids (et par extension l’inflammation chronique) aggrave la pathologie car les contraintes sur les articulations sont plus fortes. 

On peut espérer ralentir le processus et soulager l’animal un maximum. En traitement classique, l’administration de chondroprotecteurs et omégas 3 est recommandée ainsi que des anti-inflammatoires lors des crises. Certains produits à base de plantes telles que la prêle (Equisetum arvense), le cassis (Ribes nigrum) existent. Depuis récemment, l’immunothérapie semble donner de bons résultats. Cela consiste en l’injection mensuelle d’anticorps contre une protéine exprimant la douleur d’origine arthrosique. Une séance d’ostéopathie fera également beaucoup de bien à votre animal en relâchant les tensions myo-fasciales. 

Le diabète

Le diabète est dû à un taux de sucre trop élevé dans le sang, ce qui dérègle le bon fonctionnement du corps et aura pour conséquences : une grande soif permanente, des urines fréquentes, collantes et diluées voire de la cataracte sur le long terme. Dans les cas les plus graves et si la pathologie n’est pas soignée, la céto-acidose peut s’installer. 

L’obésité est le principal facteur prédisposant avec une alimentation de basse qualité (croquettes vendues en supermarché par exemple). La stérilisation des chattes peut résoudre le problème. 

Le traitement reposera principalement sur un changement d’alimentation (pauvre en sucres, riche en fibres et facilement digestible). Dans les cas les plus sévères, des injections quotidiennes à heures fixes d’insuline en sous-cutané à l’aide d’aiguilles très fines seront nécessaires. En cas de céto-acidose, l’hospitalisation de votre animal sera indispensable. 

Pour en savoir plus sur la bonne alimentation à apporter à votre chat, on vous invite à consulter notre page sur les meilleures croquettes pour chat.

L’insuffisance rénale chronique

L’insuffisance rénale chronique se caractérise par un défaut de fonction des reins qui ont notamment pour rôle de filtrer et éliminer les déchets. Les symptômes apparaissent tardivement, lorsque 75% des reins sont défaillants ! L’insuffisance rénale chronique sera diagnostiquée par bilan sanguin. Les symptômes sont polyurie-polydipsie (boire plus et faire pipi plus), vomissements, amaigrissement et douleur de dos. 

Le facteur prédisposant est une alimentation de basse qualité (car elle contiendra plus de déchets que le corps doit éliminer), souvent riche en phosphore. 

Si votre chat est en crise urémique, le traitement reposera sur la mise sous perfusion (pour forcer l’élimination des déchets et réhydrater) et l’administration d’anti-nauséeux.

Le traitement de fond reposera principalement sur une alimentation protectrice pour les reins. 

En phytothérapie on aimera stimuler le métabolisme de l’urée par le foie avec du desmodium couplée à  l’action diurétique de l’orthosiphon ou du pissenlit. L’ostéopathie peut améliorer la mobilité viscérale des reins et de l’estomac et soulager les douleurs dorsales en complément. 

Cataracte

Nous l’avons déjà mentionnée car elle peut être la conséquence de l’hypertension et du diabète. Il s’agit d’une opacification du cristallin, vous savez, la partie noire au centre de l’iris qui semble blanchir petit à petit? Le cristallin devant rester transparent pour garantir la vision, sa coloration grisâtre peut provoquer des troubles de la vue jusqu’à la cécité. Il s’agit d’un processus lent et irréversible. Une opération chirurgicale est envisageable par un vétérinaire spécialisé en ophtalmologie si l’animal présente encore un bon état général. 

Le développement de ce processus peut être freiné en ajoutant du collagène à la ration (la viande est la meilleure source), des omégas 3 et des antioxydants (plusieurs produits à base de myrtilles, de minéraux et vitamines existent). 

Les tumeurs mammaires

Je prends ici le type de tumeur le plus fréquent chez les chats. Il s’agit de masses qui apparaissent au niveau du ventre, à hauteur des mamelles. Dans 88% des cas chez les chattes il s’agit de tumeurs malignes et hormono-dépendantes ! Il est donc impératif de les enlever et de stériliser votre chat en même temps si cela n’est pas déjà le cas. Si on ne les retire pas, les masses vont grossir… et faire craquer la peau, ce qui est très douloureux pour l’animal. Ensuite, la masse va nécroser et produire une sorte de pus malodorant (la nécrose). 

Les femelles non stérilisées sont donc prédisposées à ce type de tumeurs, il y en a d’ailleurs de moins en moins heureusement avec le nombre croissant de stérilisations. 

Ces tumeurs métastasent au niveau des poumons et peuvent à terme faire tousser discrètement le chat. 

La phytothérapie offre de nombreuses perspectives en cancérologie mais il faut garder à l’esprit que dans ce domaine l’intervention chirurgicale prime. De manière générale, la complémentation en plantes immunostimulantes ou champignons (Ganoderma, Coryolus versicolor, l’astragale Astragalus mongholicus , l’échinacée Echinacea purpuera, le cyprès Cupressus sempervirens,… ), en omégas 3 d’origine animale et anti-oxydant peut être d’un grand renfort. 

Soyez toujours vigilants si vous palpez une boule sur votre chat, mesurez-là et si elle ne disparaît pas ou au contraire semble grossir dans les 3 semaines, consultez votre vétérinaire qui vous proposera de soit faire une ponction, c’est-à-dire piquer dans la masse pour récupérer quelques cellules et les analyser, soit en fonction de la taille et de la localisation, de tout enlever et faire analyser si vous le souhaitez. 

Nous avons vu ici les pathologies les plus courantes. 

En conclusion

Vous l’aurez compris, le contrôle du poids de votre chat est un point clé pour sa santé. Voilà pourquoi votre vétérinaire insiste probablement autant là-dessus. 

A la lecture de cet article, vous penserez peut-être que votre chat souffre de l’une ou l’autre de ces pathologies. Pas de panique : observez votre chat, comparez ses habitudes actuelles à celles qu’il avait précédemment, mesurez la quantité d’eau qu’il boit sur la journée et en cas de doute, consultez votre vétérinaire qui pourra réaliser tous les examens nécessaires pour diagnostiquer ces pathologies. 

Et si vous désirez en savoir plus sur comment prendre soin de votre chat âgé, lisez l’article : “Comment prendre soin d’un chat qui vieillit ?”

Docteure Marine Monclus, 

Vétérinaire Ostéopathe et Phytothérapeute.

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